Vidéos

script et réalisation.

AHW
Super 8 et vidéo – 15’42 mns

Avec Laury Colombet, Lori Rougny et Emmanuelle Brivot. Images : Fred Penot et David Laurençon. Musique : Franck Laurençon, Lorne & Bernie. Montage son : Bruno Rodriguez.


QUELS FOUS ? – 3’50 – Avec Alexandre Pivette, Franck Laurençon, Morjane Djack, Dave Poussin. Son : Bruno Rodriguez. Images : David Laurençon. Montage : Victor Tarnanski.


ILS AIMENT DES DANSES – 8’36 – Avec Gilles Buey, Aude Carpintieri, Nicolas Guépin. Musique: Araucaria. Images. James Manning. Produit par le collectif Mélange/Crispation.


INCONSEQUENCES – 12’56 – Avec Avec Alexandre Pivette, Caroline Normand, Grazziela Horens. Images David Poulain ; Son Bruno Rodriguez ; Musique Franck Laurençon & Bernie.

>> EDITIONS
>> TOUTES LES VIDEOS SUR VIMEO


Texte original “AHW” :

Après avoir longtemps erré dans les ruines du Rapace de pierre, il est arrivé, lentement. Il marche, lentement. Il ne danse pas, plus, sa danse étrange.

Elle, elle hurlait – comme la sauvagerie exulte : elle ne veut pas être libérée. Elle dit qu’elle ne veut pas être libérée.

J’aime l’insulte et le parjure des sentiments sublimes,

Quelle fantastique créature ! Il semble,

L’âme malade et déchiquetée en extase devant – quoi ?

Il semble que sa volonté de rester ici parmi lui provienne de fort loin. Il semble, depuis un fort long temps. Elle ne veut pas être libérée. Il semble que sa volonté provienne d’une autre sphère, oh, ailleurs, c’est sûr. Elle est prisonnière.

Devant les illusions hideusement romantiques,

Elle est prisonnière dans un château, rapace de pierre, elle est prisonnière dans un amour, rapace sans cœur, de chair. Elle est prisonnière.

Fantastique, Coprolalie, Créature, Catin.

La liberté et le blasphème sont absolument nécessaires,

Il n’a de respect que pour la pureté. Donc elle ne veut pas être libérée.

Il célèbre la ruine de tous les symboles,

Elle veut rester parmi lui : mais il veut défaire ses liens est-ce possible ?

D’abord il a connu le terrible, et délirant refus de toute lumière – quelle qu’elle soit – d’où qu’elle provienne, et vienne,

Le moyen d’être assez forte pour atteindre sa sphère ? Sphère fantastique !

Maintenant tout est absolument distinct. Tout est bien, limpide. Il n’a de respect que pour la pureté. La pureté, ô prisonnière chargée de tant d’amour ! Quelle valeur, quelle fantastique créature : elle ne veut pas être dehors.

Sors !

Les autres disent que tout se passe dehors, l’amour est dehors !

Oh, sors !

Toutes les portes sont ouvertes, et c’est lui qui les a détruites, toutes !

Sors !

Elle l’aime, elle l’aime, elle l’aime furieusement. La musique populaire choque ses larmes, des diamants,

« Je dois rester ici parmi toi. Ne me libère pas, je te le demande, à genoux. »

Pauvre conne.

***

Elle dit qu’un enfant vit dans son ventre,

D’où provient ce monstre ?

***

Je connais le pouvoir destructeur qu’a sur les dames, que la liberté a sur les dames.

Alors j’exige que tu te remettes sur tes jambes ; j’exige, je sais que tu aimes mes ordres. Aujourd’hui je veux que les liens que j’ai inventés se brisent : je veux ce qu’il faut. Et il faut que tu te libères de moi.

Tu es une femme, oh, une dame ! Je brise ces liens qui me fatiguent, qui me pèsent tant.

***

– Je suis une femme moderne qui ne se sent jamais si heureuse qu’attachée, attachée à n’importe quoi, à tout ce qui est suffisamment dur, roide. C’est que n’est-ce pas, je ne veux pas tomber. Je suis une pauvre, et belle créature qui n’a qu’une toute petite conscience.

– Pendant toutes ces années ma turbulence a servi tes fontaines. Nous baisions, je t’aimais. Quelle turbulence ! Ma turbulence a troublé tes fontaines. Ce n’était pas ma faute, non vraiment. Tu sais bien mon bel amour, que toutes les manières de mélanges te fascinent. Tu es folle des mélanges.

– Le goût, l’odorat, le toucher, la conscience de soi, l’ouïe, la vue, la conscience d’un symbole de l’enchaînement des causes : sept. Je me moque de tout cela. Le mélange me fascine. Je suis mise en mouvement – par le mélange.

***

« Je ne suis pas un aigle, moi : mon amour reprends-moi. Je veux rester là parmi toi : m’échapper comme c’est mal ! Pourquoi craches-tu sur moi que tu aimais, sur moi, pauvre animale ? Je suis une fantastique créature. Viens sur moi, moi pauvre animale – sur moi que tu aimais.

« Si tu veux encore, frappe-moi ! Frappe encore, et prends du plaisir : parce que je t’aime, oui, et je te le demande, frappe-moi !

« Ferme les portes. Je veux rester ici parmi toi, je veux être prise par toi. Je ne veux pas être dehors avec les autres. Tu sais que mes larmes sont des diamants et tu es fou tu es fou, mes larmes sont à toi ; elles sont toutes de diamants !

« Pourquoi as-tu fais de moi…ça ? Ferme les portes.

Je suis une fantastique créature, ferme les portes… »

***

« Je ne m’inquiète plus, je n’ai pas peur : tu n’as pas peur de l’air des cimes et j’aimais ces traces rouges, ces taches toutes rouges celles de mes chaînes, comme des diamants fantastiques. »

***

L’amour est une invention moderne, et l’homme ne doit pas s’efféminer.

– L’ordre a du bon ? Je ne sais plus être heureuse avec cet homme. Il parlait d’amour, mais n’avait besoin qu’un trou du cul de femme. Mais les choses changent, je n’ai plus besoin de lui, et je rêve maintenant de vulgarités ordinaires. J’ai peut-être tort.

Je ne sais pas.

De toute façon il est trop tard. Quelque chose cloche dans sa tête. Je suis émue : mes larmes étaient belles, mais quelque chose cloche dans sa tête. Son énergie turbulente lui faisait croire qu’il avait toujours raison. Il n’y avait toujours que lui, il regardait et ne voyait rien, ou alors seulement ce qu’il voulait, ce qui le nourrissait. Tout ce qu’il y a gagné c’est que je me suis mise moi aussi à aimer les ruines, La Ruine.

Et ma grâce féminine a modifié, déformé, vaincu ses turbulences.

***

Alors donc, au revoir mon amour.

Nous ne sommes pas pareils, au revoir mon amour. Je n’ai plus toute ma raison, je le sais.

Tu as souhaité te désencombrer de moi : tu t’es désencombré de moi : Mann soll sicht belasten, il ne faut s’encombrer de rien.

Je vois la nuit, oh comme c’est beau ;

Je vois des ténèbres, c’est très beau : comment supporter toutes ces choses si belles ?

Mais oui, je t’aimais, et toute ma tête a été sucée. Tu as sucé ma tête.

Ma raison a reçu un choc, furieux. Umbretta arrive.

***

Une jeune fille s’est mise à rire – rire !

Et le rire n’était pas ordinaire. Oh, ce n’était pas une hallucination,

Quel beau mystère !

Maintenant il faut guérir : retrouver une belle santé.

L’homme répond au rire peu ordinaire de la jeune fille au turban.

***

Il a rencontré des femmes ordinaires des nuits qu’il était ivre, et très ivre. Alors il transporte dedans lui l’odeur hideuse de plusieurs créatures hideuses, oh, monstrueuses,

L’odeur hideuse de plusieurs créatures hideuses et monstrueuses.

***

A quoi pensais-tu ? A quoi songeais-tu quand tu dardais, tu suçais mon amour, vampire : je t’ai fait devenir libre, alors vas-t-en et lâche, détache-toi de ta proie : c’est moi.

D’accord, j’étais tout à fait folle de vouloir rester ici parmi toi, Homme ! Tu voulais devenir très libre ?

D’accord, mais il ne faut s’encombrer de rien : danse, dansons !

***

Elle dit que la turbulence de l’homme a troublé ses fontaines. Elle se touchait, oh elle s’aimait furieusement.

Les mélanges l’ont rendue tout à fait folle,

Rendue furieusement dérangée par la fascination des mélanges ;

La belle, belle pureté n’évoquait rien pour elle.