Philippe Sarr

Imago Philippe Sarr

ISBN 979-10-95024-02-6
238 pages.
édition brochée : 15 €

(frais de port : 2,90 €)
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Troisième roman de Philippe Sarr
/ in Litzic.

Philippe Sarr nous propose son nouveau roman, Imago, à mi-chemin entre Les Chairs utopiques (aux Éditions sans crispation) et Tagada (La p’tite Hélène éditions). Dans Imago, Philippe Sarr nous place dans l’intimité de Jad, un romancier qui, soudain confronté à un virus, voit sa vie basculer. Ce roman, relevant d’un défi, a été écrit durant la période de confinement.

Réalité fantasmée.

Dans Imago, Jad est soudain confronté à un virus. Alors qu’il écrit son prochain roman, les événements se bousculent, s’entremêlent, s’intervertissent, s’accélèrent, comme si l’inéluctabilité de la fin nécessitait de l’auteur qu’il termine « tout » dans les plus brefs délais (c’est-à-dire à la fois le roman qu’il écrit et le « bouclage » de toutes ses activités en cours). Tout cela conduit Jad dans des situations proches d’une science-fiction sociale et intime, dans un entre-deux où les contours s’estompent progressivement pour se fondre dans un amalgame de deux réalités tangibles.
Le fantasme de l’écrivain est ici palpable. Mais quel est-il véritablement ? Maudit ? Tombeur de ces dames ? Au fait de divins messages qu’il doit absolument transmettre, qu’importe la maladie ou les échéances ? D’ailleurs quelles sont-elles exactement ces échéances ? Et ce virus ? Atteint-il les hommes ou l’ordinateur sur lequel le roman prend vie ? La mise en abyme est ici subtile, nous prouve, presque sans le vouloir, que l’auteur est bien différent des ses créatures, qu’il s’agisse de celles gravitant dans la vie de Jad ou de celles de son roman, ou bien de celles de Philippe Sarr.

Un roman dans le roman, des fragments ressuscités.

Les chairs utopiques et Tagada nous avaient quelque peu habitués au style de Philippe Sarr. Celui-ci, relativement indescriptible, trouve ici une force des plus convaincantes. Nous n’essayerons pas de le décrire, nous dirons simplement que la langue y est de feu, dynamique, qu’elle s’entraîne elle-même dans une cavalcade que rien ne semble pouvoir arrêter.
Des situations ubuesques se succèdent, comme autant de vignettes de moments de vie, aléatoirement juxtaposées pour créer un puzzle dont les pièces s’ajustent au fur et à mesure de la lecture. Au début, ces fragments ne permettent qu’une visibilité floue du personnage de Jad. Mais petit à petit, elle s’affine, révèle des détours incongrus qui néanmoins façonnent sa personnalité, complexe (qui paradoxalement le devient de moins en moins).
Les dialogues font une nouvelle fois mouche. Combien même les passages narratifs semblent proches du constat parlé, d’un homme qui décrirait à voix haute ce qu’il voit, les dialogues décuplent cette force. Le rythme se dégageant des uns et des autres, combien même les clés nous échappent un moment avant que tout se mette en place, nous catapulte dans l’histoire que nous n’arrivons pas à lâcher. Même quand nous avons terminé le roman car nous cherchons à vérifier que nous avons tout bien compris. Alors, nous recherchons (dans notre mémoire ou dans les pages d’Imago) les derniers indices qui permettraient à l’histoire de dévoiler ses ultimes secrets.

Un aboutissement.

Nous sentons un aboutissement dans Imago, celui de l’auteur Philippe Sarr, qui maîtrise plus que jamais son art d’entremêler faits « réels » et imaginaire débridé. La fluidité toute personnelle qui est celle de son écriture arrive à ses sommets, comme si, dans un effet boule de neige, elle accumulait sa propre matière pour prendre de l’ampleur, s’auto-alimenter, jusqu’à atteindre un point d’équilibre où le caractère « en roue libre » paraîtrait presque naturel.
Évidemment, toute la complexité à la fois narrative et stylistique, ainsi que la complexité à traiter cette histoire à tiroirs (où les paragraphes issus du roman de Jad rejoignent ceux des épisodes relatifs à sa vie, où des fragments des Chairs utopiques s’insèrent, tout comme ceux d’autres textes de Philippe Sarr comme Les habitants du périphérique par exemple) dont le fond reste relativement nébuleux à l’entame du roman (mise en abyme du travail d’écrivain, problématiques relationnelles et sociètales), prouve ici la maîtrise insolente de Philippe Sarr, de son style. Mais Imago prouve également sa maîtrise de la langue, la maîtrise de son univers et de sa patte, et la maîtrise du « suspens » qui nous maintient en éveil tout au long du livre. Ces trois éléments combinés nous entraînent dans un livre à l’identité forte et indomptable.
Si nous osions, nous dirions que nous trouvons chez lui des fragments du culot d’un auteur comme David Foster Wallace, c’est-à-dire celui d’une exigence d’écriture et d’un respect de celui qui lit. Car combien même Imago peut s’avérer complexe, il ne prend jamais le lecteur pour un con.
Ce qui n’est jamais négligeable. Il faut dès lors prendre Imago comme il se présente, laisser de côté nos réflexes archaïques de lecteur pour en revêtir des nouveaux, qui nous apporterons leur lot de surprises. Autrement dit, le plaisir de lecture dévoile une nouvelle fois des charmes inédits, chose dont semble se délecter cet auteur définitivement pas comme les autres !


édition brochée – 18 euros
(frais de port offerts)
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Magazine Litzic, 24/09/2018
LES CHAIRS UTOPIQUES

« Situons les choses dans leur contexte, à savoir quelque part entre 1984, le chef-d’œuvre de Georges Orwell (big brother is watching you !, c’est lui) et Matrix des sœurs Wachowski. Vous secouez le tout, créez une architecture sur des fondations SartreCésaireCamus (et autres Brautigan) et vous obtenez Les chairs utopiques de Philippe Sarr.
Ce premier roman est une visite libre de la psyché d’un écrivain dont les personnages principaux ne sont autres que les écrivains renommés cités un peu plus haut, auteurs transférés dans des corps connecté à goog… aux Grand Connecteur. Celui-ci influe sur la réalité, la détourne, chamboule de ce fait la théorie du cogito ergo sum, interroge sur les fondements des souvenirs (réels ? Induits ? ) et sur la réalité/nécessité des relations humaines.

Pêle-mêle d’idées liées entre elles par la fulgurance de la plume de Philippe, mais ne répondant à aucune idée de linéarité narrative autre que celle, très personnelle, de son auteur, le bouquin peut en décontenancer plus d’un. Pourtant, si vous acceptez d’être
bousculés dans vos certitudes, vous serez rapidement séduit par l’écriture et le concept des chairs utopiques.
Intuitive, foisonnante, documentée (ou donnant fortement l’impression de l’être), l’écriture de P.Sarr s’avère très addictive tant elle dégage des charmes vénéneux. Pas de redite, fluide, elle contraste avec cette forme plus abrupte de narration, ne cède à aucune facilité, ne caresse personne dans le sens du poil et a le mérite de repousser très loin les spectres d’une écriture policée et calibrée « commerce ».
Pour ce qui est de l’histoire, il convient de se laisser aller, de faire tomber les barrières de la pensée unique pour se laisser embrigader dans cette quête du moi, de la liberté de penser par soi-même et ne pas se laisser charmer par les sirènes de goog… du Grand Connecteur. La folie douce qui règne en ces pages est salvatrice et correspond à cette phrase entendue ou lue quelque part, de nous ne savons plus qui, qui dit en substance : je préfère les fous aux gens normaux car les fous ne cachent rien de qui ils sont.
En ce sens, la sincérité ruisselant le long de ces pages n’a d’égale que l’intelligence d’écriture (notamment par le simple fait que l’auteur ne se perde pas lui-même dans les méandres de cette narration expérimentale) en découlant. Un livre qui devrait être mis dans toutes les mains, surtout dans celles qui croient que la littérature doit correspondre à des canons maints et maints fois réitérés, rabâchés, recrachés, de façon plus ou moins heureuse par des profs de français par toujours inspirés.
Nous terminerons par cette analogie, peut-être un peu douteuse de prime abord, mais qui nous tient à cœur. De nombreux musiciens disent de Bob Dylan qu’il leur a permis de s’affranchir de leur difficulté à chanter d’une façon qui leur est propre. En lisant Les chairs utopiques, nous pouvons presque affirmer que ce livre peut-être un déclencheur pour plus d’un : écrivez comme vous le sentez, et non comme vous croyez devoir le faire. C’est encore la meilleure façon de procéder pour toucher les lecteurs.
Ce que Philippe Sarr parvient à faire. Sans se renier. »

Cet article est à lire in situ>> www.litzic.fr/sarr


Radio Libertaire
émission: « De la pente du carmel la vue est magnifique »
– extrait –


Les Chairs utopiques, roman de Philippe Sarr