JACQUES CAUDA

Fête la mort ! – roman (Cauda)

Format 130×190 mm – 144 pages
ISBN 979-10-95024-03-3

Date de parution : 16 septembre 2020

Jacques Cauda

Titre incantatoire, roman subversif pour de vrai (si le subversif a à voir avec la bousculade radicale des bourgeoises pudeurs), Fête la mort !, huitième roman de Jacques Cauda, initiateur du courant pictural « surfiguratif », écrivain prolixe et sur-énergique, est l’une de ses oeuvres la plus aboutie et la plus jubilatoire parue à ce jour.

Si fêter la mort semble incongrue dans une société qui tend plutôt à la nier (vanité de la vie terrestre), Jacques Cauda se fait un plaisir de nous rappeler que mourir peut aussi être un art. Fête la mort ! prend à contre-pied, en la « surfigurant », la formule de la pensée chrétienne « N’oublie pas que tu vas mourir ! » – Memento mori – et nous ramène, en artiste, à notre condition de mortel en faisant s’enlacer la fête et la mort dans une joute poétique et macabre.


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Extrait :

J’ai un temps vécu à la ressemblance du Gilles de Watteau à qui je voulais ressembler, longuement vêtu de blanc, un long vêtement plissant aux coudes et trop court des jambes de pantalon, sancta simplicitas, triste figure, les voiles gonflées de mon importance, à califourchon sur mon asinité, « mystère comique de la bêtise confondu à celui sacré de l’innocence », j’étais jeune, aussi jeune que ressemblant à l’idée que je me faisais de la jeunesse que j’essayais de fuir en me grandissant dans une figure célèbre de la peinture. En revanche pour appartenir encore un peu au monde de mes contemporains, je portais quelques « accessoires » à la mode d’alors : des cheveux longs, des lunettes aux verres fumés, deux poignets de force hérissés de clous à têtes octogonales et des chaussures de parachutiste en cuir noir qui tranchaient sur mes bas de pantalon blancs.
La première fois que mes deux camarades, surnommés pour des raisons que j’expliquerai plus tard, Petit Muscle et Saucisson, me virent fendre l’autobus dans cet équipage, ils fondirent défaits d’admiration, non seulement j’étais Gilles, mais plus encore, j’étais Le Gilles de Watteau !